10 novembre 2012

L'idée de patrie lors de la Révolution française

La patrie se définit généralement par « la communauté politique à laquelle on appartient dans son unité géographique, économique, historique, linguistique, culturelle.» Toutefois, cette définition est plutôt moderne. En effet, notamment en France, sous la monarchie absolue, l'idée de patrie telle qu'on l'entend aujourd'hui est presque inexistante. En fait, la patrie s'incarne en la personne du roi. Cette incarnation est possible par la foi religieuse qui reigne en France. Le roi, en détenant le pouvoir divin, représente la patrie puisqu'à l'époque, l'identité nationale va de pair avec l'identité religieuse. Ce n'est qu'en 1789 que la patrie se sépare néanmoins de la personne royale. Louis XVI guillotiné, la séparation s'officialise. 

Toutefois, bien que la division se réalise complètement à ce moment, une certaine scission s'était déjà opérée peu avant, c'est-à-dire avec l'avènement du concept de nation. Ainsi, vers 1780, le roi n'est plus considéré comme étant l'unique personnification de la patrie. Ceci s'explique par le fait que la nation n'est pas perçue comme la propriété du souverain, mais plutôt comme un élément avec lequel il doit composer. 

À l'aube de la Révolution française, le Tiers-État donne un sens nouveau à la patrie. Leur attachement à celle-ci engendre un patriotisme qui se traduit par le désir de défendre le peuple. En conséquence, l'armée n'est désormais plus composée de mercenaires; elle est composée de patriotes. Dès lors, ces derniers se battent pour protéger leur patrie de toute force extérieure et de tout ennemi potentiel.

Par ailleurs, à ce moment, La Marseillaise, hymne national du pays, est écrite. Dans cet hymne, pour la première fois, la patrie remplace le souverain et où la liberté substitue l'ordre divin. Dans le même ordre d'idées, les paroles de ce chant reflètent bien l'idée que l'on se fait de la patrie dès cette révolution:

Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs!
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire!

Il s'agit ici uniquement du refrain et du dernier couplet. Il est néanmoins assez éloquent. En somme, les Français se dévouent à la préservation de leur patrie si chère. Pour ce faire, ils n'hésitent pas à recourir aux armes. Leur but ultime est la liberté.

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PINELLI, Auguste. Rouget de Lisle composant la Marseillaise (1875-1880), huile sur toile, Musée de la Révolution Française, Vizille.


Sources du contenu: 

« Histoire du patriotisme en France - des Origines à nos Jours (J. Lestocquoy) », [En ligne], http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=509:histoire-du-patriotisme-en-france-des-origines-a-nos-jours-j-lestocquoy&catid=50:histoire&Itemid=55 (Page consultée le 10 novembre 2012)

« La Marseillaise - paroles en français », [En ligne], http://www.marseillaise.org/english/francais.html (Page consultée le 10 novembre 2012)

« Patrie », [En ligne], http://www.cnrtl.fr/definition/patrie (Page consultée le 10 novembre 2012)

Source de l'image: 

« Rouget de Lisle composant la Marseillaise », [En ligne], http://www.histoire-image.org/site/zoom/pleinecran.php?i=381&oe_zoom=625 (Page consultée le 21 novembre 2012)

Posté par ELEROUZ à 22:32 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur L'idée de patrie lors de la Révolution française

    "Louis XVI guillotiné, la séparation s'officialise." En effet...

    Posté par Yves, 13 novembre 2012 à 04:25 | | Répondre
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