Eveline - Idées architectes

26 novembre 2012

La Résistance française - La guerre des ondes

Dès 1940, la Résistance intérieure française devient de plus en plus militaire. Maintes organisations sont créées ( Organisation civile et militaire, Ceux de la résistance, Ceux de la libération, etc.). Par ailleurs, au même moment, des réseaux de renseignement liés à Londres se forment. L'année suivante, la résistance extérieure met en place le Bureau central de renseignement et d'action militaire (B.C.R.A) qui va notamment livrer des armes et des agents de livraison en France. Dès lors, un guerre des ondes se déclenche avec l'émission radiophonique « Les Français parlent aux Français » enregistrée à Londres. Des journalistes français engagés dans la résistance animent l'émission. Parmi ceux-ci se trouve Maurice Schumann, le porte-parole de la France libre. [1] 

Schumann, de 1940 à 1944, « incarne les espoirs de la Résistance par plus de mille allocutions radiophoniques ». Le message qu'il lance est éloquent: « Nous ne sommes pas l'arrière-garde d'une armée qui s'en va, mais l'avant-garde d'une armée qui reviendra. » Porteuse d'espoir, sa voix était aussi celle de la liberté, celle qui, donc, devait gavalniser les résistants afin que ceux-ci défendent honorablement leur patrie contre l'ennemi. [2] 

(Photo: Maurice Schumann dans Honneur et Patrie, les 5 minutes officielles réservées au général de Gaulle avant les émissions en français de Radio Londres.) [3] 


[1] MARIN, Armel. « Résistance intérieure française », dans Encyclopedia Universalis, [En ligne], www.universalis-edu.com/encyclopedie/resistance-interieure-française/ (Page consultée le 26 novembre 2012)

[2] FOULON, Charles-Louis. « Maurice Schumann », dans Encyclopedia Universalis, [En ligne], http://www.universalis-edu.com.ezproxy.cegeptr.qc.ca:2048/encyclopedie/maurice-schumann/ (Page consultée le 26 novembre 2012)

[3] Ibid., dans Encyclopedia Universalis[En ligne], http://www.universalis-edu.com.ezproxy.cegeptr.qc.ca:2048/encyclopedie/maurice-schumann/ (Page consultée le 26 novembre 2012)

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22 novembre 2012

La patrie française à l'heure de la mondialisation

Que reste-t-il du patriotisme en France dans le contexte de la mondialisation? Bien que la réponse à cette question soit mitigée, nombre d'historiens s'accordent pour dire que le patriotisme français a subi depuis quelques décennies un net déclin. Cette dernière s'explique notamment par l'émergence de nouvelles puissances mondiales telles que les États-Unis au détriment des anciennes puissances telles que la France. En conséquence, beaucoup de Français ressentent envers leur pars une certaine nostalgie d'une grandeur déchue. Ils ont quelque peu du mal à assumer le nouveau statut de la France. Ainsi, ils tendent à se référer à un âge d'or idéalisé (les Trente Glorieuse, la Belle Époque, le règne de Louis XIV, le Premier Empire, etc.).

L'historien Pierre Renouvin écrit : « Les fondements de la puissance d'un pays, ce sont la richesse nationale, l'armée et l'opinion, c'est-à-dire une certaine conscience des moyens de la grandeur nationale. En se référant à ces trois grands piliers de la puissance, les Français ont le sentiment que leur pays n'est plus celui qu'il était autrefois. » [1] 

Aux yeux d'une grande partie de la population, la France, qui longtemps se battait contre les forces extérieures afin de conserver son prestige et sa puissance, ne semble plus apte à « combattre » de la sorte. En ce sens, certains perçoivent l'américanisation du monde comme un obstacle à la conservation de la culture française auquel la population du pays ne peut s'opposer. Encore une fois, ce point demeure néanmoins une source de débat en France. 

Par ailleurs, de plus en plus, les Français, particulièrement la jeunesse, tentent de s'identifier à d'anciennes grandes figures nationales. La mémoire historique semble prendre une place encore plus prépondérante dans l'éducation. Les personnages d'actualité, quant à eux, se voient accorder une importance davantage minime. [2]  

En somme, le patriotisme français n'a pas complètement connu une chute. Il a plutôt muté vers un patriotisme historique plutôt qu'un patriotisme actif et actuel. De cette façon, la patrie est toujours un symbole d'identité et de fierté. Cependant, cette patrie est plus celle des ancêtres plutôt que celle que les contemporains souhaitent léguer à leur progéniture. Bref, la société française dépeinte dans La Marseillaise ne semble plus tout à fait d'actualité:

Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis
Tremblez! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix!
Tout est soldat pour vous combattre
S'ils tombent, nos jeunes héros
La France en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre.

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre!


[1] CABANES, Bruno. « Il n'y a pas de déclin français », L’Histoire, nº 285 (mars 2004), p. 18. 

[2] JOUTARD, Philippe et Jean LECUIR. « Le palmarès de la mémoire nationale », L’Histoire, nº 242 (avril 2000), p. 32. 

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11 novembre 2012

Le rôle de l'éducation dans l'idée de patrie

«En 1901, dans l’article de La Grande Encyclopédie consacré à la « Patrie », Célestin Bouglé disait de celle-ci : Elle est « la plus active et la plus puissante des idées directrices de notre civilisation moderne ». L’amour de la patrie, expliquait-il, est naturel et nécessaire, l’antipatriotisme apparaît comme quelque chose de monstrueux qui étonne et indigne, cette primauté de la patrie est garantie par l’opinion et les institutions publiques, la patrie est en droit de demander à chacun le sacrifice suprême de sa personnalité, car « mourir pour la patrie est le sort le plus beau », et tous les devoirs le cèdent au devoir envers la patrie.»

À la fin du XIXe siècle, après la guerre franco-allemande, la patrie devient une idée directrice et un enjeu considérable pour la nation. En conséquence, en France, tout comme en Allemagne, au lendemain du conflit, on intègre le patriotisme dans l`enseignement. En ce sens, cette éducation au patriotisme doit créer une plus forte cohésion au sein de la nation, mais également légitimer le nouveau régime politique, c'est-à-dire la République dans le cas français. 

L'avènement de la laïcité de l'école en France permet à la patrie de devenir la nouvelle religion au détriment du catholicisme. De plus, «l’école laïque aura  pour mis­sion de faire passer le message selon lequel la patrie conduit à l’humanité, que la République, héritière de la Révolution, est l’incarnation du progrès humain et que la guerre de revanche à laquelle il faut travailler assurera le triomphe de ce pro­grès.» Selon Jules Ferry, le promoteur du projet de l'école laïque, deux matières scolaires sont primordiales afin que la force et l'unité morale de la nation règnent: l'instruction civique et l'histoire. 

Parmi les manuels d'instruction civique, celui d'Ernest Lavisse reflète bien l'idéologie patriotique de l'époque. En effet, on dira de cet ouvrage qu'il ne détient « aucune question de principe : la morale n’est approfondie ni au point de vue philosophique, ni au point de vue religieux, ni même du point de vue politique, mais au seul point de vue patriotique. » D'ailleurs, dans ce manuel, Lavisse écrit: « La France, c’est la France dans le Passé, la France dans le Présent, la France dans l’Avenir. La Patrie, je l’aime de tout mon cœur, d’une affection exclusive et jalouse. » C’est cet amour, cette idée transcendantale de la patrie qui doit fonder l'idée de devoir patriotique. L'histoire, pour sa part, doit éduquer de bons citoyens, des électeurs et des soldats. Pour ce faire, les auteurs de manuels n'hésitent pas à représenter la France comme étant éternelle. De cette façon, les Français sont encore une fois appelés à défendre leur patrie afin que celle-ci survive pour toujours. 

La guerre joue également un rôle prépondérant dans l'éducation. Effectivement, la jeunesse semble s'identifier à la patrie par la façon dont la guerre est présentée à l'école. En France, on exalte l’héroïsme des troupes qui ont été trahies durant la guerre franco-allemande. Cette exaltation de l’héroïsme guerrier est aussi un élément indispensable à l’éducation patriotique de cette époque. Par conséquent, les valeurs patriotiques sont prônées: «le soldat-héros devient un type, un modèle d’abnégation, d’esprit de sacrifice, incarnant les valeurs nationales et ayant le comportement (ordre, discipline, soumission) que l’on attend du patriote, au quotidien et plus particulièrement en temps de guerre.»

Le but ultime de ce type d'éducation est de préparer la jeunesse à la guerre future. Les Français de demain se battront donc pour la défense de la patrie et se sacrifieront pour cette dernière. L'historien Droz dira à ce sujet: « C’est autour de l’idée militaire, autour de l’armée que s’est maintenue entre 1871 et 1890 environ, l’unité de ce pays vaincu qu’était la France. » 

L'image de l'ennemi est également largement exploitée. Dans le cas présent, la force ennemie est l'Allemagne qui est sortie gagnante du conflit de 1871. Le patriotisme allemand est un exemple obsédant pour les Français. Bien qu'au départ la France se sert de ce pays comme modèle, cette quelconque admiration tourne vite à la haine. Le patriotisme français devient dès lors davantage défensif, particulièrement à l'égard des Allemands. 

En somme, au XXe siècle, la France n'hésitera pas à user du patriotisme dans l'éducation afin de galvaniser la population à se défendre lors des deux conlifts mondiaux. 


 

Source: VON PHILIPPE, Alexandre. « Le patriotisme à l’école en France et en Allemagne, 1871–1914 », [En ligne], http://www.europa.clio-online.de/site/lang__de-DE/ItemID__265/mid__12205/40208771/Default.aspx (Page consultée le 11 novembre 2012)

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10 novembre 2012

L'idée de patrie lors de la Révolution française

La patrie se définit généralement par « la communauté politique à laquelle on appartient dans son unité géographique, économique, historique, linguistique, culturelle.» Toutefois, cette définition est plutôt moderne. En effet, notamment en France, sous la monarchie absolue, l'idée de patrie telle qu'on l'entend aujourd'hui est presque inexistante. En fait, la patrie s'incarne en la personne du roi. Cette incarnation est possible par la foi religieuse qui reigne en France. Le roi, en détenant le pouvoir divin, représente la patrie puisqu'à l'époque, l'identité nationale va de pair avec l'identité religieuse. Ce n'est qu'en 1789 que la patrie se sépare néanmoins de la personne royale. Louis XVI guillotiné, la séparation s'officialise. 

Toutefois, bien que la division se réalise complètement à ce moment, une certaine scission s'était déjà opérée peu avant, c'est-à-dire avec l'avènement du concept de nation. Ainsi, vers 1780, le roi n'est plus considéré comme étant l'unique personnification de la patrie. Ceci s'explique par le fait que la nation n'est pas perçue comme la propriété du souverain, mais plutôt comme un élément avec lequel il doit composer. 

À l'aube de la Révolution française, le Tiers-État donne un sens nouveau à la patrie. Leur attachement à celle-ci engendre un patriotisme qui se traduit par le désir de défendre le peuple. En conséquence, l'armée n'est désormais plus composée de mercenaires; elle est composée de patriotes. Dès lors, ces derniers se battent pour protéger leur patrie de toute force extérieure et de tout ennemi potentiel.

Par ailleurs, à ce moment, La Marseillaise, hymne national du pays, est écrite. Dans cet hymne, pour la première fois, la patrie remplace le souverain et où la liberté substitue l'ordre divin. Dans le même ordre d'idées, les paroles de ce chant reflètent bien l'idée que l'on se fait de la patrie dès cette révolution:

Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs!
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire!

Il s'agit ici uniquement du refrain et du dernier couplet. Il est néanmoins assez éloquent. En somme, les Français se dévouent à la préservation de leur patrie si chère. Pour ce faire, ils n'hésitent pas à recourir aux armes. Leur but ultime est la liberté.

                                                                      dup5_pinelli_001z

PINELLI, Auguste. Rouget de Lisle composant la Marseillaise (1875-1880), huile sur toile, Musée de la Révolution Française, Vizille.


Sources du contenu: 

« Histoire du patriotisme en France - des Origines à nos Jours (J. Lestocquoy) », [En ligne], http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=509:histoire-du-patriotisme-en-france-des-origines-a-nos-jours-j-lestocquoy&catid=50:histoire&Itemid=55 (Page consultée le 10 novembre 2012)

« La Marseillaise - paroles en français », [En ligne], http://www.marseillaise.org/english/francais.html (Page consultée le 10 novembre 2012)

« Patrie », [En ligne], http://www.cnrtl.fr/definition/patrie (Page consultée le 10 novembre 2012)

Source de l'image: 

« Rouget de Lisle composant la Marseillaise », [En ligne], http://www.histoire-image.org/site/zoom/pleinecran.php?i=381&oe_zoom=625 (Page consultée le 21 novembre 2012)

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01 novembre 2012

De l'idée de patrie découle celle de liberté

Tel que mentionné dans le deuxième billet, lors de la Seconde Guerre mondiale, le peuple français cherchait à se libérer de l'oppression de l'armée allemande qui occupait son territoire. Cette liberté-ci, c'est la liberté au sens politique. Selon Locke, cette liberté consiste notamment à ce que chacun soit exempt de gêne et de violence de la part d'autrui. Par ailleurs, la liberté politique doit être garantie, mais également limitée, par l'État. Or, le peuple doit pouvoir obéir librement à cette autorité, c'est-à-dire que celle-ci doit renforcer et garantir le pouvoir des individus (non pas de façon individuelle, mais plutôt collectivement). Ainsi, le peuple ne souhaite pas se soumettre à une autorité étrangère, à une autorité qui ne défend pas ses idéaux. 

Source: COMTE-SPONVILLE, André. Présentations de la philosophie, Paris, Albin Michel, 2000, 180 p. 

En conséquence, l'occupation allemande en France brime la liberté politique de la population française. En effet, sous le régime de Vichy, en collaboration avec les Allemands, les Résistants se sentent opprimés. Leur pouvoir politique n'est plus protégé par l'État. Ils considèrent que le pouvoir devrait plutôt être aux mains d'une autorité qui, au contraire de cette domination extérieure, défendrait l'honneur de la patrie. En somme, cette dernière ne peut rester intacte si elle est dominée par un autre peuple. 

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26 septembre 2012

Appel à la résistance par le général de Gaulle

Le 18 juin 1940, le général Charles de Gaulle lance un appel à la résistance. L'appel n'est toutefois enregistré que le mois suivant à Londres et diffusé sur les ondes de la B.B.C. En somme, le discours du général de Gaulle dénonce la décision du gouvernement à capituler devant les ennemis. Il soutient également que l'honneur des Français et, donc, de la patrie consiste à poursuivre le combat contre l'occupant. Au final, la patrie pourra être libérée.

On retrouve cet appel à la résistance au lien suivant: « Video : l'appel à la Résistance du 18 juin 1940 du général de Gaulle », [En ligne], http://www.youtube.com/watch?v=xR3o13i0sd0 (Page consultée le 25 septembre 2012)

Une affiche (image ci-contre), rédigée par de Gaulle et ayant un discours similaire à l'appel du 18 juin, est ensuite placardée dans Londres afin d'inciter les Français qui se trouvent sur le territoire britannique à se battre pour la survie de leur patrie. 

affiche

 

Source du contenu et de l'image: MARIN, Armel. « Résistance intérieure française », dans Encyclopedia Univerlis, [En ligne], www.universalis-edu.com/encyclopedie/resistance-interieure-française/ (Page consultée le 25 septembre 2012)

 



 

 

 

 

 

 

 

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24 septembre 2012

Lecture de la semaine: La vie à en mourir: lettres de fusillés (1941-1944)

Cette semaine, mes lectures par rapport au travail final visaient principalement le contexte historique. En ce sens, je me suis notamment renseignée sur la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale. Le livre La vie à en mourir: lettres de fusillés (1941-1944) de Guy Krivopissko m'a apporté de nombreux renseignements. L'oeuvre contient 120 lettres véritables écrites par des résistants français à la veille de leur exécution. La préface est, quant à elle, écrite par François Marcot, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Besançon et conseiller historique du musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, et explique le contexte politique et social dans lequel la Résistance française a émergé.

D'abord, Marcot expose les causes de la présence allemande en France. En fait, en juin 1940, lorsque l'Allemagne remporte la victoire militaire en France, Hitler n'impose pas une domination directe afin d'établir une occupation paisible et rentable. Il agit plutôt avec un gouvernement français, c'est-à-dire avec le gouvernement de Vichy, à la tête duquel se trouve le maréchal Pétain. Ce dernier accepte de collaborer avec les Allemands dans le but de réprimer toutes tentatives des Français de reprendre le combat contre l'occupant. Dès lors, la résistance se fait sentir et plusieurs exécutions ont lieu entre juin 1940 et mai 1941. Or, l'opposition des résistants se durcit à l'été 1941. À ce moment, la lutte armée débute, exécutée notamment par le Parti communiste et certains autres mouvements. En conséquence, la répression de Vichy et des Allemands envers la Résistance se durcit elle aussi. Les condamnations abondent. 

Ensuite, Marcot retrace les raisons pour lesquelles de nombreux Français ont choisi la voie de la résistance. Souvent, ce choix n'a pas été moralement facile à effectuer. En effet, leur autorisation personnelle à user de la violence nécessitait une raison supérieure qui justifiait la légitimité de leur engagement. Selon Marcot, «du point de vue d'une éthique de conviction, ce choix se justifie pleinement: pour des êtres qui condamnent la barbarie et le totalitarisme nazi, qui luttent pour la liberté de leur patrie et le respect de la personne humaine, se battre personnellement est un devoir moral dont l'authenticité est garantie par le risque encouru.»[1] De plus, «en faisant participer la France à sa propre libération, même de façon modeste, les résistants pouvaient espérer redonner au pays une identité et une fierté nationales propres à assurer son indépendance vis-à-vis de ses alliés, et aussi sa reconstruction morale et démocratique.»[2]

Finalement, Marcot présente le contenu général des dernières lettres des condamnés. Bien qu'elles soient toutes uniques, maintes similitudes peuvent être discernées parmi elles. Ces résistants évoquent souvent un futur qu'ils ne connaîtront pas, mais qu'ils savent meilleur. Ils sont convaincus qu'ils ne se sont pas battus inutilement et qu'ils ne sont pas morts en vain. Au moment de mourir, ils célèbrent «d'abord l'amour de la patrie qui submerge tout, amour de la patrie vécu comme respect et défense des valeurs de la communauté.»[3] Tous se sont battus pour leurs idéaux, pour une France libre, et c'est pour cette raison que leurs lettres dégagent essentiellement l'honneur, la fierté, le courage et l'espoir. Aucun regret ne peut être décelé. Bref, ces Français sont morts pour une cause commune: la patrie: «Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des Français heureux, non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête. Que les Français soient heureux, voilà l'essentiel.»[4] (Henri Fertet, 16 ans) 

Source: Guy KRIVOPISSKO, La vie à en mourir: lettres de fusillés (1941-1944), Paris, Tallandier, 2003, 367 p.


 

[1] Guy KRIVOPISSKO, La vie à en mourir: lettres de fusillés (1941-1944), Paris, Tallandier, 2003, p.16.

[2] Ibid., p.17.

[3] Ibid., p.18.

[4] Ibid., p.25.

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17 septembre 2012

Le choix du sujet

D'abord, mon choix de sujet pour le travail final s'est finalement arrêté sur l'idée de patrie dans la France occupée par l'armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale. J'exploiterai par le fait même nécessairement certaines autres idées architectes liées à la notion de patrie telles que la nation, la liberté et l'identité. En somme, mon travail ciblera le patriotisme et le nationalisme au sein de la Résistance française et la liberté pour laquelle ce mouvement s'est battu. 

Ensuite, l'oeuvre que j'ai sélectionnée afin de représenter cette idée architecte est la chanson The Partisan (1969) interprétée par Leonard Cohen. Celle-ci est une adaption de la chanson française La Complainte du partisan (1943). Toutes deux relatent la vie d'un résistant français sous l'occupation allemande: 

When they poured across the border 
I was cautioned to surrender, 
this I could not do; 
I took my gun and vanished. 
I have changed my name so often, 
I've lost my wife and children 
but I have many friends, 
and some of them are with me. 

An old woman gave us shelter, 
kept us hidden in the garret, 
then the soldiers came; 
she died without a whisper. 

There were three of us this morning 
I'm the only one this evening 
but I must go on; 
the frontiers are my prison. 

Oh, the wind, the wind is blowing, 
through the graves the wind is blowing, 
freedom soon will come; 
then we'll come from the shadows. 

Les Allemands étaient chez moi, 
ils me dirent, "Signe toi," 
mais je n'ai pas peur; 
j'ai repris mon arme. 

J'ai changé cent fois de nom,
j'ai perdu femme et enfants,
mais j'ai tant d'amis; 
j'ai la France entière.

Un vieil homme dans un grenier
pour la nuit nous a caché,
les Allemands l'ont pris;
il est mort sans surprise.


Oh, the wind, the wind is blowing, 
through the graves the wind is blowing, 
freedom soon will come; 
then we'll come from the shadows.

Source: « The Partisan », [En ligne], http://www.leonardcohen.com/us/music/songs-room/partisan (Page consultée le 17 septembre 2012)

 

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